Encore une histoire de poils…

Durée : 2 min

Le choc d’une « petite phrase »

Un soir d’été, j’étais avec mes ami.e.s assise dehors, les pieds dans l’herbe et le nez dans les étoiles. Le ciel était dégagé et la chaleur nous permettait de rester en manche courte. Profitant confortablement de ce doux moment et dans un geste banal, j’étirais mon corps en tendant les bras au-dessus de ma tête. C’est alors qu’un ami me regarda, regarda mes aisselles et me dit : « dis donc, t’as pas un poil, c’est pas très féministe ça ! ». 
Et soudain, tout s’arrête.

Il s’avère que je n’ai jamais eu de poils sous les bras (une chance ou une anomalie selon les points de vue). Mais peu importe. Cette « petite phrase » eut l’effet d’une bombe.

Féminisme v.s. réalité

Dans mon groupe d’ami.e.s mixtes, je suis reconnue comme la féministe, car, tout simplement, je partage mon point de vue, mes idées et souligne les comportements ou remarques sexistes. Cela amène souvent discussions et débats toujours intéressants pour avancer et mieux se comprendre. Pourtant, avec cette « petite phrase », j’ai eu le sentiment de revenir brutalement en arrière. Dans ma tête résonnait « Ils n’ont rien compris ». « Ils » rassemblaient à la fois cet ami mais aussi l’ensemble de la société. Car à travers sa bouche, j’eus le sentiment que c’est elle qui s’exprimait. J’étais sortie brutalement de ma bulle féministe emplie de lectures, de rencontres et de comptes sur les réseaux sociaux où tout le monde est d’accord. Cette « petite phrase » m’a confrontée de nouveau à la réalité dans laquelle ce mouvement, son sens et ses enjeux restent méconnus.

Loin des poils, la liberté

Le féminisme est un combat pour la liberté et l’égalité. C’est garantir aux femmes une liberté totale, de faire ou de ne pas faire, sans jugement, sans oppression, sans dictat. C’est sortir des cases qui nous sont imposées dès notre plus jeune âge (féminité, maternité, victime, etc.). D’ailleurs, la pilosité découle de cette revendication de liberté. Chacune fait comme elle veut. Cependant, l’affirmation des poils, étant en rupture avec les carcans de beauté féminins, choque la société qui se focalise sur ce détail et en fait une définition du féminisme. Ainsi, la féministe reste, dans l’imaginaire collectif, une grande gueule poilue. La case est créée, la féministe peut s’y glisser. Encore une fois, la femme est réduite à une case. Cela rassure.

Cette image réductrice du mouvement continue de coller à la peau (ou aux poils) des féministes.
D’ailleurs, de manière générale, c’est incroyable à quel point la question de la pilosité est liée à l’image de la femme. Qu’importe son histoire et ses convictions, elle est réduite à ses poils : « montre-moi comment tu es épilée et je te dirai qui tu es. »
D’ailleurs, commencer mon blog par un article sur ce sujet est très révélateur…

La naissance de Miz June

Depuis cette « petite phrase », j’ai eu envie d’écrire avec cette volonté de rendre accessible les enjeux du féminisme. Pour cela, je partirais de mon expérience quotidienne de femme cisgenre hétérosexuelle, et mettrais en lumière la situation de la femme dans notre société occidentale qui s’avère insatisfaisante, injuste et discriminée.

L’idée de ce blog est de partir des détails insignifiants de notre quotidien, de les interroger, de les analyser pour s’apercevoir qu’ils sont révélateurs des injustices subies, souvent inconsciemment, par les femmes dans une société profondément patriarcale. 
Ce blog s’adresse aux femmes, aux féministes et à toutstes celleux qui souhaitent réfléchir et remettre en question notre société. Réfléchir ensemble pour mieux avancer et faire en sorte que ces « petits phrases » n’interrompent plus jamais une belle soirée d’été. 

Illustration abstraite d'un poil pour lutter contre les clichés sur les féministes

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